La chirurgie esthétique de la poitrine
Prothèses ou implants mammaires
L'hypoplasie mammaire est définie par un volume de seins insuffisamment développé par rapport à la morphologie de la patiente. Elle peut exister d'emblée (seins petits depuis la puberté) ou apparaître secondairement, à la suite d'un amaigrissement important ou d'une grossesse suivie d'allaitement. Elle peut être isolée ou associée à une ptose mammaire, c'est-à-dire un affaissement de la glande et une distension de la peau.
L'augmentation mammaire par prothèses vise à augmenter le volume des seins par la pose de prothèses derrière la glande mammaire.
Le type de prothèse
Tous les implants mammaires actuellement utilisés sont composés d'une enveloppe, et d'un produit de remplissage. L'enveloppe est toujours constituée de silicone élastique (élastomère de silicone).
En ce qui concerne le produit de remplissage, il y a les prothèses gonflables au sérum physiologique et les prothèses pré remplies en gel de silicone.

Prothèse préremplie en gel de silicone Prothèse gonflable au serum physiologique
- - Pour les prothèses mammaires gonflables au sérum physiologique, le remplissage de la prothèse se fait durant l'intervention. Ces prothèses permettent une adaptation facile du volume durant l'intervention. Leur défaut principal est leur consistance, moins naturelle comparée aux prothèses en gel de silicone.
- - Les prothèses mammaires pré-remplies en gel de silicone offrent en général une consistance plus naturelle. Une fuite éventuelle (devenue exceptionnelle depuis l'utilisation d'implants à gel cohésif) impose un changement de l'implant.
En mai 1994, la France avait été le seul pays d'Europe à interdire l'usage de ces prothèses.
Elles ont été réintroduites sur le marché en 2001, aucune étude épidémiologique n'ayant pu établir une relation de cause à effet entre le gel de silicone et la découverte de maladies auto-immunes ou de cancers.
L'incision cutanée
Plusieurs méthodes d'introduction des prothèses peuvent être proposées. L'incision peut être :
- Soit au niveau de l'aréole, situation la plus fréquente : une courte incision est située au pourtour inférieur de l'aréole (voie hémi-aréolaire inférieure) ou sous le mamelon (voie sous mamelonnaire)
- Soit dans la région de l'aisselle (voie axillaire),
- Soit dans le pli sous mammaire (voie sous mammaire).
La position de la prothèse mammaire
Les prothèses mammaires peuvent être placées soit en avant, soit en arrière du muscle pectoral.
Les indication respectives de ces différentes positions tiennent surtout compte de l'importance de la glande mammaire préexistante :
S'il y a peu voire pas de glande (juste un revêtement cutané), la position en arrière du muscle (rétropectorale) est indispensable pour masquer les contours de la prothèse mammaire.
S'il existe par contre une ptose mammaire, le positionnement rétropectoral présente un inconvénient car les prothèses seront trop hautes et ne rempliront pas la loge mammaire réelle. Dans ce cas, on préfère placer les prothèses mammaires en avant du muscle (position rétro-glandulaire ou pré-pectorale).

Prothèses mammaires : Photo pré et post opératoire (voie hémi-aréolaire inférieure)
Les gestes associés
Si l'hypotrophie est associée à une ptose (seins tombants, aréole basse), il est préférable, outre la simple mise en place d'une prothèse, de réduire l'enveloppe cutanée. La cicatrice sera plus importante : (cicatrice péri-aréolaire, verticale).
En fonction du chirurgien et de la nécessité éventuelle d'un geste complémentaire, l'intervention dure en moyenne 1 heure à 1 heure 30.
La sortie se fait le soir ou le lendemain de l'intervention.
Le résultat peut être apprécié à partir du 2ème / 3ème mois, délai nécessaire à l'assouplissement des seins et à la stabilisation des prothèses.
La mise en place de prothèses n'a pas d'incidence sur l'apparition d'un cancer du sein et n'altère pas la qualité d'une surveillance radiologique.
La durée de vie des prothèses mammaires n'a, en théorie, pas de limite. Sauf en cas de problème, la patiente peut conserver l'implant mammaire autant qu'elle le désire.
Une surveillance classique est simplement nécessaire tous les ans (examen clinique et mammographique).
La ptose mammaire
La ptose mammaire est définie par un affaissement de la glande et une distension de la peau qui l'enveloppe. Le sein est en position trop basse et, de plus, fréquemment " déshabité " dans sa partie supérieure.
La ptose mammaire peut exister d'emblée, mais survient le plus souvent après un amaigrissement important ou au décours d'une grossesse avec allaitement. Elle peut être isolée : on parle de ptose mammaire pure. Elle peut aussi être associée à un certain degré d'hyper ou hypotrophie mammaire. Dans ce dernier cas, la pose d'implants peut être pratiquée pour restaurer le volume.
La correction de la ptose mammaire vise à remodeler le sein en remettant l'aréole en bonne position, en reconcentrant et en remontant la glande et en ôtant la peau excédentaire afin d'obtenir des seins harmonieux, et bien galbés.
On comprend que ce remodelage du sein, agissant sur l'enveloppe cutanée, est à l'origine de cicatrices.
En cas de ptose importante, la cicatrice a la forme d'un T inversé avec trois composantes : péri-aréolaire (au pourtour de l'aréole entre la peau pigmentée et la peau blanche), verticale (entre l'aréole et le sillon sous mammaire), horizontale (dissimulée dans le sillon sous mammaire). La longueur de la cicatrice horizontale est proportionnelle à l'importance de la ptose mammaire.

Cicatrice en T inversé
En présence d'une ptose mammaire modérée, on peut réaliser une méthode dite " verticale " qui permet d'éviter la cicatrice transversale dans le sillon sous mammaire et de réduire la cicatrice à ses composantes péri-aréolaire et verticale.
Enfin, lorsque la ptose est associée à une insuffisance de volume (hypoplasie ou hypotrophie mammaire), il peut être souhaitable de mettre en place, en même temps, une prothèse mammaire pour redonner au sein un volume satisfaisant.
Une plastie mammaire pour ptose peut être effectuée à partir de la fin de la croissance. Une grossesse ultérieure est bien évidemment possible.
La correction de la ptose mammaire se fait sous anesthésie générale et nécessite une hospitalisation de 24 heures.
Il faut attendre un an pour obtenir le résultat définitif. C'est le délai nécessaire pour que les cicatrices arrivent à maturité et s'atténuent.
Hypertrophie mammaire ou plastie mammaire de réduction
L'hypertrophie mammaire est définie par un volume des seins trop important, notamment par rapport à la morphologie de la patiente.
Cet excès de volume est en général associé à un affaissement des seins (ptose mammaire) et parfois à un certain degré d'asymétrie.
L'hypertrophie mammaire a souvent des répercussions fonctionnelles (douleurs du dos, gêne pour la pratique du sport, difficultés vestimentaires).
La plastie mammaire de réduction, lorsqu'elle entraîne un retentissement fonctionnel (répercussions sur la vie quotidienne), sort du cadre de l'esthétique et est prise en charge par l'assurance maladie.
L'intervention chirurgicale a pour but de réduire le volume des seins, de corriger la ptose et une éventuelle asymétrie, afin d'obtenir deux seins harmonieux.
La correction de la ptose mammaire se fait sous anesthésie générale et nécessite une hospitalisation de 24 heures.
L'intervention réalise l'ablation du tissu glandulaire en excès. On conserve un volume en harmonie avec la silhouette de la patiente et conforme à ses désirs. Ce volume glandulaire résiduel est ascensionné, concentré et remodelé. Il faut ensuite adapter l'enveloppe cutanée, ce qui impose de retirer la peau en excès de manière à assurer une bonne tenue et un bon galbe aux nouveaux seins. Les berges de la peau ainsi découpées sont alors suturées : ces sutures sont à l'origine de cicatrices.
Les cicatrice ont la forme d'un T inversé avec trois composantes : péri-aréolaire (au pourtour de l'aréole entre la peau pigmentée et la peau blanche), verticale (entre l'aréole et le sillon sous mammaire), horizontale (dissimulée dans le sillon sous mammaire). La longueur de la cicatrice horizontale est proportionnelle à l'importance de la ptose mammaire.
En présence d'une ptose modérée, on peut réaliser une méthode dite " verticale " qui permet d'éviter la cicatrice transversale dans le sillon sous mammaire.

Réduction mammaire avec cure de ptose (cicatrice en T inversé)
Une plastie mammaire pour hypertrophie peut être effectuée à partir de la fin de la croissance (17 ans).
Une grossesse ultérieure est possible, ainsi que l'allaitement, toutefois on recommande d'attendre au moins six mois après l'intervention.
Le résultat ne peut être jugé qu'à partir d'un an après l'intervention, délai nécessaire pour que les cicatrices arrivent à maturité et s'atténuent.
Au-delà de l'amélioration locale, cette intervention a en général un retentissement favorable sur la pratique du sport, les possibilités vestimentaires et l'état psychologique.